Newsletter N°8

 

1- Pensez-vous que l’IA peut être un facteur de compétitivité ?
 Absolument, l'IA peut rendre une entreprise ou une organisation très compétitive et efficace.
Ça permet d'automatiser les processus répétitifs et à faible valeur ajoutée, optimisant les coûts en ressources et en temps, et réduisant les erreurs.

Ça permet une analyse rapide et précise des données volumineuses et complexes, pour des décisions éclairées en matière d'innovation et de service client, ainsi qu'en matière d'adaptation aux changements macro-économiques.

2- Comment pensez-vous que l'IA affectera les organisations et surtout les compétences ?
L'automatisation des processus par exemple permet de libérer du temps pour les collaborateurs, leur permettant de se concentrer sur des tâches plus créatives, stratégiques et à plus forte valeur ajoutée.

L'automatisation des processus peut aussi transformer, éliminer certains emplois et métiers, ce qui nécessitera une adaptation des compétences existantes ou l'acquisition de nouvelles compétences pour rester pertinents sur le marché du travail.

Il y aura certainement une demande croissante en compétences IA, de deux. L'analyse des données étant au cœur de nombreuses applications IA, les compétences analytiques en matière de données sont de plus en plus demandées et valorisées.

L'agilité de l'apprentissage, être capable de s'adapter et de se transformer, devient une compétence clé à développer, et de plus en plus recherchée, un résultat des changements rapides déclenchés par l'IA.

3- Comment est-ce que l’IA va intégrer la notion de responsabilité ?
La notion de responsabilité doit être intégrée tout au long du cycle de vie d'un développement IA :
- Les concepteurs et développeurs doivent adopter une approche éthique dès la phase de conception, en réfléchissant aux implications éthiques de la technologie tout au long du processus de développement.
Il s'agit de l'utilisation des données, et de prise de décision qui peuvent impacter les individus et la société au sens large.
- Les modèles et algorithmes doivent être transparents et compréhensibles.
Il est essentiel de pouvoir expliquer les décisions prises par les systèmes IA, en particulier lorsque ces décisions ont un impact significatif sur les individus.

Entre autres :
- D'abord mettre en place un cadre juridique et réglementaire qui cadre l'utilisation de l'IA.
- Éduquer et sensibiliser les utilisateurs, les développeurs et les décideurs aux implications éthiques de l'IA.
- Eviter les biais et être objectif et neutre dans les données d'entraînement, pour éviter des résultats biaisés.
- Protéger la vie privée, en mettant des mécanismes robustes pour protéger la vie privée des individus.

- Imposer les audits et les évaluations indépendantes des systèmes IA
 

1- Quel est l'enjeu principal, selon vous, qui pourra faire réussir ce changement technologique ?
L’enjeu principal reste celui de la transformation des emplois par l’intelligence artificielle et notamment par le développement exponentiel des IAs génératives comme ChatGPT.

En effet, ce qui est nouveau est l’impact des IA génératives sur des métiers qui n’étaient jusqu’alors pas menacés par l’intelligence artificielle : ceux à forte valeur ajoutée et à contenu intellectuel comme les juristes ou les journalistes. Il s’agit désormais de donner encore plus d'importance à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences face à des évolutions technologiques qui vont toucher l’ensemble des métiers y compris pour ceux de la fonction RH.

2- Comment mettre à profit l’outil IA pour améliorer l’expérience collaborateur ?
Il est sûr  que l’intelligence artificielle va permettre d’améliorer assez sensiblement l’expérience collaborateur en fournissant des solutions adaptées aux attentes des différentes catégories de personnel pour arriver à proposer des offres RH  beaucoup plus segmentées pour reprendre le langage du marketing.

Concrètement, les IA génératives pourront contribuer à améliorer l’expérience collaborateur en fournissant des informations sur les facteurs qui motivent ou sur les irritants, tels que les rémunérations et avantages sociaux, les pratiques managériales, les opportunités de carrière ou les relations avec les collègues. Cela permettra aux entreprises d’adapter leurs politiques et leurs pratiques en conséquence, créant ainsi un environnement de travail améliorant l’expérience collaborateur.

3- Faut-il se lancer dans l’IA et occulter les problèmes éthiques et enjeux posés ?
Bien évidemment l'intelligence artificielle, comme toute technologie nouvelle, comporte des avantages mais aussi des risques comme on le voit depuis 30 ans avec le développement d’Internet. Plus spécifiquement l’intelligence artificielle pose des problèmes d’éthique notamment dans les réponses fournies par les IA génératives qui peuvent être de véritables hallucinations. On observe en effet que les réponses fournies par ChatGPT ne sont justes qu’à environ 60 %, ce qui en dit long notamment sur la pertinence des questions posées : le fameux « prompt ».  

Face à ce qui peut apparaître comme un véritable problème dans l’usage de l’intelligence artificielle notamment par rapport au capital humain, les dirigeants et les DRH en particulier devraient faire preuve de discernement, de cette capacité à prendre du recul dans leur utilisation de l’intelligence artificielle par rapport au capital humain. 

Un autre risque de l’intelligence artificielle concerne la baisse potentielle des capacités créatives des individus si le recours à l’intelligence artificielle est systématique dans les activités de création, de synthèse, de formalisation d’une réflexion. Il faudrait éviter de fabriquer des « crétins digitaux » comme le dénonce le neuro scientifique Michel Desmurget dans un livre récent en s’insurgeant contre les excès de l’usage des écrans de toute nature surtout par les enfants…